Identification

Les 4 principaux genres de palmiers du pays vençois

Chamaerops humilis Phoenix canariensisLes palmiers (famille botanique des Arécacées) ont une morphologie caractéristique permettant une identification assez facile. Les botanistes ont identifié à ce jour environ 2600 espèces regroupées en 182 genres, avec une grande diversité de formes et une présence sur tous les continents. La feuille du palmier,  la palme, constitue le premier critère d’identification. Elle est soit « pennée », c’est à dire en forme de plume d’oiseau, soit « palmée », en forme de doigts d’une main.

Le genre Phoenix comprend 17 espèces à feuilles pennées

Phoenix canariensisLe Phoenix canariensis est le palmier « roi » du pays vençois. Le stipe (tronc) vigoureux est couronné d’un magnifique bouquet de longues palmes retombantes, avec à leur base, d’imposantes épines (dont il faut se méfier lors d’un élagage). Ce palmier est très décoratif, mais est malheureusement, de part sa monoculture, la cible préférée des charançons.

Les inflorescences du Phoenix canariensis Inflorescence femelleInflorescence mâle

 

Phoenix dactiliferaLe Phoenix dactylifera, le vrai palmier dattier, dont une cinquantaine de cultivars sont utilisés dans les grandes palmeraies de production de dattes, est en fait, peu présent dans le pays vençois. Notre climat, pas assez chaud et sec, ne permet pas, en outre, un mûrissement correct des dattes apparaissant sur les sujets femelles. Il ressemble au canariensis mais possède un stipe plus fin et une couronne de palmes moins dense et plus bleutée. Il produit des rejets de façon naturelle.

phoenix-dactyliferaCe Phoenix dactylifera du bord de mer au Cros de Cagnes a pu, grâce à un été chaud, développer des régimes de dattes qui sont presque arrivées à maturité (photo prise le 29 novembre 2016). L’on remarquera le stipe plus mince ainsi que la couronne de palmes plus fines et plus érigées, permettant de différencier facilement ce palmier du Phoenix canariensis.

Le dactyfilera est également très vulnérable aux charançons, ce qui pose un problème économique majeur dans les palmeraies de production de dattes du Maghreb et du Moyen Orient. Le dactylifera étant une espèce dioique, les palmeraies de production sont plantées à 95 % de palmiers femelles qui  fructifieront à condition d’être pollinisées par les 5% de palmiers mâles.

 

Phoenix roebeleniiLe Phoenix roebelenii est présent uniquement dans quelques endroits vençois parfaitement protégés du gel. Il est originaire du Laos, découvert par le botaniste Carl Roebelen. Son petit stipe gracile et sa fine couronne de palmes souples et retombantes en font un excellent palmier d’intérieur, en vogue dans la décoration des habitations contemporaines.

Le genre Washingtonia comprend 2 espèces à feuilles palmées

Washingtonia robusta Le Washingtonia robusta est très présent (voir l’allée de palmiers du Lycée Henri Matisse). Son stipe est assez fin avec une base évasée, la couronne de palmes est compacte et vert vif. La base des palmes -le pétiole- a une coloration rouge brun avec des épines bien visibles.

 

 

 

Washingtonia filifera en floraisonLe Washingtonia filifera est moins présent. Son stipe est plus massif, la couronne de palmes est légèrement plus vert gris. Le pétiole a une coloration plus verte avec des épines moins visibles. Des filaments pendent au bout des palmes, d’où l’appellation. Sa résistance au gel (- 8 degrés) est supérieure à celle du robusta (- 5 degrés). Il secrète de façon naturelle une molécule la « filiferol » ayant des propriétés larvicides pouvant lui conférer une meilleure résistance aux charançons.

Pétioles verts et très peu épineux du Washingtonia filifera
Pétioles rougeâtres et épineux du Washingtonia robusta

Le genre Chamaerops, monotype à feuilles palmées

Chamaerops humilisChamaerops humilis var. EliatorLe Chamaerops humilis est le seul palmier endémique de la Côte d’Azur. Il pousse en touffes denses et basses avec plusieurs stipes. Seule la variété eliator possède un stipe unique et élancé. Les pétioles sont très épineux et les palmes vert glauque sont parfois recouvertes d’une légère pruine cireuse. Ce palmier est très rustique, mais aussi un mets de choix pour le papillon.

Le genre Trachycarpus comprend 9 espèces à feuilles palmées

Trachycarpus fortuneiLeTrachycarpus fortunei (dédié au botaniste Robert Fortune) appelé aussi parfois « Palmier Chanvre » est facilement identifiable grâce à son stipe caractéristique garni d’abondantes fibres persistantes brun foncé. C’est le palmier le plus résistant au froid (jusqu’à –15 degrés) qui pourrait être cultivé quasiment partout en France. On peut découvrir de beaux spécimen adultes en pleine terre dans des zônes abritées de l’Est de la France, de la Suisse et du Royaume-Uni. Son inflorescence caractéristique est constituée d’une masse compacte de fleurs jaunâtres. Ce palmier est parfois désigné improprement Chamaerops excelsa par les pépiniéristes. Il est également sujet aux attaques du papillon. Les Trachycarpus se développent mieux dans le climat plus tempéré des côtes de l’Atlantique et de la Manche, que sur le littoral méditerranéen. Trachycarpus fortunei inflorescences

Outre les 4 genres décrits ci-dessus

Les Brahea, les Butia, certains Livistona, les Sabal et les Syagrus sont également compatibles avec le climat vençois, mais malheureusement, en sont quasiment absents. Leur plantation devrait être encouragée en vue d’accroître la biodiversité des Arécacées, certaines espèces étant beaucoup moins sujet à la cible des ravageurs. Vous trouverez ces 5 genres de palmiers décrits ci-après chez les pépiniéristes spécialisés « palmiers ».

Le genre Brahea comprend 16 espèces à feuilles palmées

Ces palmiers sont originaires de Californie et d’Amérique Centrale. Ce sont des palmiers facile à acclimater, se plaisant aussi bien dans les zones à climat tropical ou  tempéré. Il leur faut une situation bien dégagée et ensoleillée avec un parfait drainage du sol.

Le Brahea armata (Mexican blue palm, Erythea armata, Erythea  roezlii)

Ce palmier est présent sur la Côte d’Azur et est très facile à identifier grâce à  la couleur bleutée caractéristique des palmes qui ont un port érigé et raide, ainsi qu’à ses impressionnantes  inflorescences couleur crème,  arquées vers le bas et qui dépassent nettement  la longueur des palmes. Elles peuvent atteindre jusqu’à 6 mètres de long. Les palmes anciennes persistent au stipe en formant un « jupon » (comme pour le Washingtonia). Ce palmier supporte bien les  gelées. Il s’agit d’un palmier à planter dans tout jardin de « palmophile ». Ce palmier se contente  de sols pauvres à condition qu’ils soient bien drainés. Son seul défaut est une croissance très lente.

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Le Brahea armata des jardins de la Chapelle Matisse à Vence avec ses longues inflorescences retombantes
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Brahea armata avec ses magnifiques inflorescences

 

 

Le Brahea edulis (Erythea edulis)

Cette espèce est originaire du Mexique et est appréciée pour ses belles feuilles palmées, sa rusticité et ses fruits ronds et noirs à pulpe sucrée qui sont comestibles. Le stipe d’un sujet adulte peut atteindre jusqu’à 10 mètres de haut. Il s’adapte bien en culture sous nos climats tempérés de la Côte d’Azur.

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Brahea edulis du Parc Phoenix à Nice

 

 

Le genre Butia comprend 8 espèces à feuilles palmées

Ces palmiers sont très présents en Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Uruguay) dans des habitats de type savane. Ce sont des palmiers assez trapus avec leur base foliaire (pétioles des anciennes palmes) proéminentes et persistantes sur une grande partie du stipe. Ce qui constitue un critère d’identification facile. Les palmes ont une teinte vert bleutée et sont remarquablement arquées. Ces palmiers sont très appréciés pour leur rusticité et supporteraient sans problème les gels de l’arrière pays vençois. Ils sont malheureusement trop peu plantés.

Le Butia capitata (ou odorata)

Ce palmier originaire du Brésil est très rustique et se développe bien en situation ensoleillé. Il supporte les sols argileux et calcaire, ce qui est rare pour un palmier.La germination des graines est difficile et peut nécessiter jusqu’à 2 années. Les fruits, de couleur jaune orangé vif, sont de la taille d’une grosse prune et étaient couramment utilisées par nos anciens pour la réalisation de délicieuses confitures. Certaines municipalités (Beaulieu et Villeneuve Loubet) viennent de réintroduire ce palmier en plantant de beaux alignements en bord de mer qui semblent bien se développer.

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Butia capitata (Beaulieu su Mer)

Le Butia yatai

Ce beau palmier est très rare en culture. Il est originaire de l’Argentine et de l’Uruguay. Les palmes sont bleutées et les gros fruits jaunâtres sont comestibles (comme pour le capitata). Les vestiges foliaires des anciennes palmes sont très persistantes. Le yatai serait nettement moins rustique (résistance au gel) que le capitata.

 

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Butia yatai  (au centre) « Giardino d’acclimatazione » de la Villa Garnier à Bordighera

 

Le genre Livistona comprend 28 espèces à feuilles palmées

Ce genre est très répandu en Asie du Sud Est, en Inde et en Australie. Ce sont de grands palmiers avec une couronne bien fournie, il sont de culture facile et peu exigeants. La plupart des espèces sont relativement rustiques pour supporter un léger gel nocturne et peuvent s’adapter au climat méditerranéen. En particulier les 3 espèces australis, chinenensis et decipiens qui sont décrites ci-après, sont toutes présentes sur la Côte d’Azur.

Le Livistona australis

Ce palmier australien (Cote Est, du Queensland à Victoria) est maintenant  largement cultivé dans de nombreuses régions. A Antibes, la Villa Thuret (Site de l’INRA dont le jardin peut être visité en semaine) possède plusieurs exemplaires de superbes Livistona australis adultes. Ce palmier tolère bien de légères gelées. Les palmes de couleur verte très foncée sont divisées en segments profonds avec leur extrémité retombante. La base des pétioles possède de belles épines. Sa croissance est assez rapide avec des arrosages réguliers. Les graines sont rondes (diamètre 12 mm) et noires à maturité. Elles germent facilement en quelques mois.

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Au premier plan: Livistona australis juvénile (3 ans) Au fond: 2 Washingtonia robusta adultes (20 ans)

 

Le Livistona chinensis

Ce palmier est originaire du Japon (iles du sud) de Taiwan et du sud de la Chine. Les palmes sont très retombantes, ce qui constitue un critère d’identification facile. Les palmes sont d’une couleur vert tendre et les fruits oblongs (environ 2 cm de long) ont, à maturité, une belle couleur bleue foncée. Le stipe est annelé et assez fin Ce palmier est relativement présent sur la Côte d’Azur. De magnifiques exemplaires se trouvent au Parc Phoenix ainsi que dans le jardin du Musée Masséna.

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Livistona chinensis (Parc Phoenix Nice)

     

Le Livistona decipiens

Avec ses palmes finement divisées, ce palmier est très élégant. Les palmes ont tendance à prendre une teinte légèrement jaunâtre. Les hampes florales d’un jaune vif sont bien visibles. Cet un excellent palmier, intéressant pour  les plantations en front de mer car il est résistant aux embruns. Il tolère une grande variété de conditions climatiques depuis les zones tropicales jusqu’aux zones tempérées (climat méditerranéen).

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Livistona decipens (Parc Phoenix Nice)

 

Le genre Sabal comprend 15 espèces à feuilles palmées

Ce genre est originaire du Sud des Etats-Unis et d’Amérique centrale. Les palmes sont costapalmées  (la nervure centrale de la palme est très développée, comme une extension du pétiole dans la palme). Les divers segments de la palme sont très incisés. Ces palmiers sont résistants au climat tempéré, ils aiment le soleil,  et peuvent être acclimatées sur la Côte d’Azur. L’inflorescence comporte des fleurs bisexuées (possédant à la fois les organes mâles et femelles). Les graines germent facilement avec une croissance lente des plantules. Les hybridations entre diverses espèces de Sabal plantées à proximité sont fréquentes. La croissance racinaire forme souvent, chez les sujets jeunes,  une sorte de corne latérale qui émerge de terre.

Le Sabal bermudana (originaire des Bermudes) ou Sabal princeps ou Sabal beccariana

Ce palmier développe un stipe gris vigoureux surmonté d’une imposante couronne de palmes  vertes.

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Sabal bermudana du Parc Municipal Olbius-Riquier à Hyères

 

Le Sabal mexicana (Texas palm ou Mexican palmetto)

Cette espèce est commune des plaines tropicales du Mexique. Sur la photo ci-dessous, l’on aperçoit nettement l’excroissance racinaire latérale en forme de crosse (sur la droite). Ce palmier supporte un sol calcaire.

 

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Sabal mexicana juvénile

                                                                                                                    

Le genre Syagrus comprend 32 espèces à feuilles pennées

Ce genre est originaire des forêts tropicales humides mais aussi des savanes semi-arides  d’Amérique du Sud (Argentine, Brésil, Venezuela). La destruction de leur habitat naturel a malheureusement conduit à la disparition de plusieurs espèces. Ce sont des palmiers graciles avec un stipe assez mince et surtout adaptables au climat tempéré de la Côte d’Azur, particulièrement pour le Syagrus romanzoffiana.

Le Syagrus romanzoffiana (Queen palm, Arecastrum romanzoffianum)

Ce palmier  possède un stipe gris et mince et développe une magnifique couronne de palmes bien étalée d’aspect plumeux. Les pépiniéristes le commercialise (souvent en grande taille) sous le nom de Cocos plumosa ou Arecastrum. Il est dédié en hommage au Comte N. P. Romanoff botaniste de la noblesse russe. Des sujets adultes se transplantent facilement. Ce palmier est de croissance rapide en exposition ensoleillée, dans un sol non calcaire et bien drainé avec des apports nutritifs et de bons arrosages en été. Cette espèce a été introduite sur la Promenade des Anglais à Nice (souvent en remplacement des Phoenix canariensis décimés par le Charançon) ainsi que dans quelques communes du Pays Vençois. Ce joli palmier (son appellation de Queen palm n’est pas usurpée) mériterait, de part son aspect exotique de sa couronne de palme, et de sa résistance acceptable au gel,  d’être planté plus fréquemment.

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Syagrus romanzoffiana du Parc Phoenix à Nice avec ses infrutescences
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Les Syagrus romanzoffiana de l’aéroport de Nice (terminal 2)